Il y a, chez Husserl ce développement sur la nature du présent, que je ne suis pas sûr de bien comprendre mais que je trouve très suggestif, en particulier quant à la distinction entre objet / poème et "objeu" / flux / "texte-dossier". Husserl explique que le présent n'atteint la conscience que moyennant la "rétention" du passé immédiat qui fait corps avec lui. C'est ainsi que nous pouvons goûter, au présent, une mélodie (Husserl se moque de ceux qui posent qu'on ne peut comprendre le sens d'une mélodie qu'une fois qu'elle est achevée, un peu comme une phrase allemande ou turque, en quelque sorte). Le sens complet d'une mélodie n'est donné qu'une fois celle-ci est achevée mais cela ne nous empêche pas, tandis qu'elle se déroule, de le voir se développer et d'anticiper sa fin.
Un poème se déroule dans le temps, j'entends un poème court, un sonnet par exemple, mais je peux le retenir comme un tout simultané, comme une mélodie, qui se déroule dans le temps mais qui en quelque sorte enferme son temps en elle-même, de sorte que nous pouvons l'appréhender comme un objet distinct et autonome. À l'inverse un texte long, un roman par exemple, mais ce pourrait aussi bien être un poème épique en plusieurs livres, s'appréhende obligatoirement dans une durée, comme un voyage.
À vérifier tout ça, au moins en ce qui concerne Husserl!
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J'ai commenté ici: La musique tient au Réel http://www.nice-nord.fr/2025/07/la-musique-tient-au-reel.html
RépondreSupprimerJ'ajoute à ma note de ce matin, toujours en commentaire de la tienne, ceci: Il ne serait sans doute pas tout à fait faux de dire qu’en musique, la mélodie occupe le second rang derrière l’harmonie. Ainsi, il est bien évident qu'on peut entendre le premier mouvement de la sonate de Beethoven dite "Au clair de lune" comme une longue variation sur la tonalité de do dièse mineur égrenée en arpèges dans les premières mesures. Et quand les maîtres de la cité songent à interdire la musique, ce n’est pas à des mélodies qu’ils s’en prennent d’abord, mais à certaines tonalités ou certains modes qu’ils jugent par eux-mêmes trop lascifs.
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