J'ai ça en tête: "le Jagdish Temple est le sommet de la ville". Ce qui est idiot: le City Palace occupe une situation nettement plus élevée. Clairement, le City Palace est le sommet de la ville, la domine comme il est naturel, normal, disons. Cependant c'est bien autour du Jagdish Temple que, dans ma mémoire, j'arrive à organiser la ville. Et c'est au pied du Jagdish Temple que j'ai retrouvé Mary qui s'engueulait avec un desservant du temple pour je ne sais plus quelle raison. Il lui refusait l'accès au sanctuaire mais je ne me souviens plus de la raison. Il m'en vient trente six à l'esprit, dont la moindre n'était pas que Mary est une grande gueule, pas respectueuse, loud, mais ce n'était certainement pas la raison première. Et puis elle s'est retournée, m'a reconnu et nous sommes tombés dans les bras l'un de l'autre.
J'avais rencontré Mary la première fois à Manali, au fond de l'Himachal Pradesh, au bout de la vallée de la Béas. J'étais avec Jo, nous venions de Naggar et je soignais ma convalescence dans une sorte de cottage, au milieu d'un verger. Mary portait un drôle de bonnet de fourrure informe, vaguement conique, et une vêture tout aussi informe; elle descendait du Ladakh. C'était une Américaine, dans la trentaine. Elle avait pris une chambre à côté de la nôtre, laquelle donnait comme celle-ci sur la galerie qui de l'étage dominait les pommiers.
"This man is sick!" avait dit Jo lorsque le chauffeur avait laissé l'homme qui avait partagé une partie de notre course. Elle l'avait dit au chauffeur qui nous déposait devant le cottage, et elle avait ri; l'homme portait un turban et la barbe attachée derrière les oreilles, un sikh, à l'évidence, une barbe grise et un teint jaunâtre de malade. Ça l'avait fait rire, Jo, ce qu'elle venait de dire. Sans méchanceté, parce que le type avait l'air effectivement malade, mais avec des petits éclats de rire lorsqu'elle l'a répété ensuite.
J'étais en train de fumer sur la galerie, lorsque Mary est arrivée. Nous avons échangé quelques mots, Mary m'a dit ainsi qu'elle arrivait du Ladakh. Elle est venu ensuite dans notre chambre, avec un grand sac et elle a déballé ses trouvailles, les objets qu'elle ramenait du Ladakh, des statuettes, des tissus, des instruments de culte, je ne sais plus, des objets tibétains, de l'artisanat, et des antiquités, pas forcément authentiques, je ne sais plus trop, elle détaillait les prix, ce qu'elle avait payé, des affaires, on comprenait ça. Des choses qu'elle revendrait lorsqu'elle serait rentrée en Amérique, en Californie, je crois, mais je n'en suis pas sûr.
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Ah oui, parfait, voilà comment il faut écrire. J'adore 🙂
RépondreSupprimer🙏🏽. "Comment il faut écrire", comme tu y vas! :-)
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