lundi 15 juillet 2024

Kafka et Flaubert (descriptions)

Il faudrait que je retrouve où Kafka exprime son aversion pour ce qu'il appelle "le roman", c'est-à-dire le travail romanesque. Hier j'ai pas mal lu dans l'Education sentimentale (il ne faut pas oublier que Kafka plaçait Flaubert tout en haut). Corruption de l'attention ? En tous cas, les descriptions, d'intérieurs en particulier ont (re)commencé à m'ennuyer et j'avais quitté l'émerveillement qui avait accompagné ma relecture des premières pages du roman, des rives de la Seine se déroulant le long du bateau. Ces descriptions d'intérieurs, à la différence de la description introductive (car c'est bien de la place des descriptions dans une fiction qu'il s'agit) sentent la sueur, l'effort, le "roman" au sens de Kafka, l'artifice aussi, au point que j'en viens à douter si elles correspondent à une vision effective, dans la mémoire ou dans l'imagination. 


Hier nous disions (je disais) que le cinéma avait libéré la fiction de certaines tâches. Ce qui est curieux c'est que la description introductive est elle-même très cinématographique (je pense au long travelling de Fortini Cani, aussi à certains plans chez Rohmer, ou à long plan bouleversant d'Abbas Kirostami dont il faudrait que je trouve la référence). Cependant autant on imagine que cette description pourrait être facilement remplacée par un long travelling pris depuis le voisinage du gouvernail où se tient Frederic, autant on sent qu'on y perdrai beaucoup. En revanche on se satisferait de voir certaines des descriptions d'intérieurs remplacées par un travail avec les décorateurs (un travail d'équipe) qui donnerait au spectateur une impression de l'ambiance sans qu'il soit obligé d'attacher son attention aux détails, à chaque objet.

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