jeudi 17 juillet 2025

étés

 Oh bien sûr les hivers étaient terribles. Le froid rendait l'air cassant, les larmes pouvaient geler sur la surface de vos yeux, les jours étaient timides et brefs, et les nuits parfois se donnaient la main de l'une à la suivante, unies par un ciel noir qui faisait les lampes laisser allumées en plein midi. Mais les étés…, de la fin juin et du début de juillet, lorsque les jours pouvaient être interminables et les soleils implacables. Certes parfois le Nord, où la neige ne fond jamais, poussait sur nous des langues fraîches, un répit annonciateur d'une délivrance pas forcément prochaine. Et si l'on allait chercher un peu de fraîcheur sous les arbres des bois, auprès des lacs, des nuées de moustiques vous assaillaient, pressés de vivre et d'accomplir leur fin. Mais les jours, les jours surtout, interminables, où, sortis du coma de la sieste, on restait assis sur les perrons tandis que les enfants jouaient avec les prises d'eau et qu'on tâchait d'attraper quelques éclats de leur joie inaccessible, on restait à attendre sur les perrons que le soleil se fatigue, à attendre une nuit courte et décevante. Ce n'était qu'avec l'Assomption, un peu avant ou un peu après, que s'annonçait la plus belle saison, et la plus courte, lorsque la fraîcheur des nuits s'étendait et que l'air le plus pur, le plus transparent fonçait le ciel d'un bleu de saphir et que les arbres flambaient de fraîcheur avec les couleurs des flammes. La saison la plus belle et la plus courte.

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