Le monde, le vaste monde, presque réduit ici à la boue que déverse la télévision dans la pièce centrale de l'appartement, qui en est comme le cloaque ou la matrice.
Pour le reste, des traits de lumière, perspectives et lignes de fuite, comme à travers un cristal, portent très loin et vibrent de la distance.
Lorsque l'écran s'éteint, l'espace autour du poste se vide, purifié. Les traits les moins tendus, c'est ce que je veux dire, sont ramassés en faisceau dans l'écran qui en libère l'espace cubique de mon habitation.
Le Nouveau Monde est un autre monde.
Le Nouveau Monde est un autre monde et ses paysages ne sont pas ceux d'ici
Le Nouveau Monde est un autre monde. D'y renvoyer ma mémoire me donne le vertige et une nostalgie, une espèce particulière de nostalgie, anxieuse et à demi-désespérée.
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