mardi 30 septembre 2025

la venelle du Jagat Niwas

 Le mardi 15 septembre, lorsque je laisse Vijay et son frère devant la venelle qui mène au Jagat Niwas...

C'était un passage couvert qui menait jusqu'à l'entrée de l'hôtel. Sous la voûte du passage s'ouvrait une porte, il y avait souvent là une femme accroupie sur le seuil, occupée à trier des légumes ou à une autre préparation. Plus loin, un petit bout du passage non couvert, à ciel ouvert, faisait devant l'hôtel comme une petite cour étroite, là s'ouvrait un atelier de peintre et deux ou trois jeunes hommes travaillaient accroupis à l'intérieur, ils répondaient discrètement à mes saluts discrets et ils n'ont fait qu'une seule fois, et assez tard, mine de m'inviter à entrer. Sous la voute du passage, assez basse pour que je ploie malgré moi le cou, dans les poutres, il y avait des oiseaux que je saluais aussi, silencieusement, au passage, chaque fois que je rentrais à l'hôtel.

Et lorsque je sortais de l'hôtel, à l'issue du passage (et la venelle faisait là un angle droit), je retrouvais la même vache, attachée contre le mur d'une maison. Je lui trouvai un beau regard et il m'arrivait de lui caresser l'épaule ou le front au passage. Je voyais parfois une femme mince contre la vache et qui semblait la soigner. J'échangeais un salut avec la femme. Quelqu'un une fois me dit que la vache était malade.

La cour de la maison où habitait Vijay et sa famille donnait là, tout à côté de l'hôtel donc. Et tout de suite après l'endroit où était attachée la vache, la ruelle s'élargissait et la lumière m'éblouissait.

Le lac était là tout près, un éclair au bas d'une rue étroite.

(mars 1993)

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