jeudi 25 septembre 2025

le lac de l'ongle

Le bus te laisse au milieu d'une sorte de marché décousu, dispersé. Tu te rends à la pension que tu avais choisie dans le guide. On te donne une chambre en haut dans la tour, une chambre seule toute entourée d'un étroit balcon semblable à un chemin de ronde. Tu as posé ton gros sac gris sur le lit et tu fais le tour de ta chambre, de l'extérieur sur l'étroit balcon et tu regardes l'entour qui est comme une île tropicale au sommet de la montagne, une île tropicale verte avec des palmiers et des palmes, des oiseaux rose et vert et des singes blancs, une île perchée au-dessus du désert.

Tu n'as fait qu'un tour du balcon, tu as vu le lac vers le nord, la surface bleue et l'infini derrière vers quoi descend le soleil. Le lac de l'ongle, ça ferait un bon titre!

Tu as laissé ton sac gris sur le milieu du lit et tu repars, aussitôt, presque aussitôt, tu vas rendre visite au lac. Tu remontes la rue principale. Tu étais descendu jusqu'à la rue principale, tu est repassé devant l'arrêt des bus. Tu remontes la rue principale vers le nord, environ, à droite, à gauche, des magasins, rassemblés par trois ou quatre, des bureaux.

C'est ainsi que je vois le lac: les arbres s'écartent comme j'approche et cette surface bien bleue s'interrompt par une ligne horizontale sur toute la largeur du lac, à peu près, comme d'une piscine à débordement, sur les espaces lointains et infinis derrière lesquels se couche le soleil (il est encore bien haut en ce moment, à peine teinté de jaune), les espaces infinis et plats, Gujarat et Pakistan et le soleil derrière.

- Ton souvenir est, je crois, un peu confus: si tu regardes bien, depuis le bout du lac où tu es arrivé, le dos aux boutiques, aux bureaux et aux hôtels, tu verras derrière la ligne du fond, entre la surface du lac et le paysage lointain et infini qui s'ouvre derrière elle des bouts de feuillages, comme une dentelle verte, un feston tiré qui les sépare. Certains jours que tu n'as pas vu et que tu ne verras pas la brume au fond efface cette différence et tu peux croire que l'eau va jusqu'au bord, et que depuis l'une de ces barques à forme de cygnes où les jeunes mariés ou bien les petits enfants ou les touristes comme toi égarés viennent parcourir la surface du lac, s'il est possible d'aller jusqu'au bout, jusqu'à cette ligne horizontale qui délimite le fond du lac, s'il était possible, alors depuis le lac on verrait le paysage lointain et plat derrière lequel se couche le soleil. Toi, tu n'as pas vu de brume cependant, tu n'as pas loué de barque, c'est ton souvenir qui a mis cette brume...

- C'est vrai, tu as raison. J'ai marché le long du lac vers le couchant, et j'ai même pris un chemin qui m'a amené jusqu'à ce point de vue, un peu plus haut, où les touristes, les jeunes mariés viennent contempler la chute du soleil rouge derrière l'horizon, à l'infini.

2 commentaires:

  1. Un peu plus difficile. Un peu moins sûr. Je relirai

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  2. pas une note de journal, précisément là pour le contraste

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