Dans son article "Temps et création. À propos de Francis Ponge", publié en décembre 1986 dans la NRF, Christian Jacomino cite ce propos tiré des Entretiens avec Philippe Sollers (1967:
“Je ne crois pas (vraiment, il faudrait être un peu fou pour le dire) que j'aie lu vraiment, pendant ma première enfance méridionale, c'est-à-dire avant dix ou onze ans, les inscriptions des stèles funéraires. Non; j'avais reçu une forte impression de ces blocs de pierre et de la gravure des lettres et des mots latins là-dedans, mais je ne les avais pas vraiment lus. J'ai commencé à apprendre le latin seulement quand j'ai été transporté, comme je vous l'ai dit, vers ma dixième année, à Caen, au lycée Malherbe, classe de sixième.“Mais alors là, tout de suite, j'ai commencé à être passionné par cette langue latine. Ce que j'ai toujours essayé de faire par la suite, c'est, par mon écriture, de rapprocher le français du latin.”
CJ commente ensuite le "triple mutisme" de ce qu'il caractérise comme un modèle pour le poète:
"3) Le graphisme n'en est pas individuel mais commun, c'est-à-dire qu'il ne révèle rien, ne dit rien sur celui qui a pu en être l'auteur."
Si je la réfère à mon hypothèse texte-objet / texte-dossier, cette fascination enfantine pour les inscriptions lapidaires romaines ancre dans l'enfance pré-lettrée du poète le modèle du texte-objet. Le texte-dossier, lui, va ramener massivement dans l'œuvre les manuscrits sous forme de fac-similé.
Je veux voir là l'expression d'une tension essentielle.
(Dans la culture classique chinoise, la culture des lettrés, la calligraphie est la forme d'art la plus haute, elle ne vise pas, comme d'autres calligraphies, la perfection d'une forme impersonnelle mais l'expression la plus authentique de l'être qui tient le pinceau.)
Oui. Je te suis
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