vendredi 26 septembre 2025

le lac de l'ongle, comment

J'avais cette image, du lac qui s'arrêtait au-dessus du paysage occidental comme une piscine à débordement. Je ne savais pas trop quoi en faire, j'aurais pu l'archiver mais elle insistait. J'avais fait l'une des choses que je m'étais interdites tout au début (tout au début seulement: l'autre interdiction concernait le retour vers mes archives, alors que toute mon entreprise présente est précisément de les exploiter!), à savoir d'aller sur le web chercher des informations, pour préciser, voire ranimer, mes souvenirs ou les compléter.

La première occasion m'a montré que cette image était inexacte, qu'il y avait encore, au delà du lac et au-dessus de la pente une bande de terre, pas très haute et pas très large, pour fermer la circonférence du lac de ce côté-là; L'image cependant insistait, et je ne voulais pas l'abandonner, au moins parce qu'elle disait quelque chose du lieu, de la situation du lac, tout en haut de la montagne, et perchée au-dessus d'un paysage tellement vaste et tellement étranger, derrière les palmes, etc. qu'il semblait pris d'une planète lointaine, de Mars ou de Vénus.

J'aurais pu faire ce que j'ai fait précédemment dans la mise au point de précédentes notes de voyage (il s'agissait là de la note du 25 septembre), y inclure un peu de ma voix actuelle dans une parenthèse. Je l'ai fait précédemment, je ne sais pas dans quelle mesure il est toujours clair que telle ou telle parenthèse entoure une intervention extérieure au document de base, antérieure et contemporaine, 2025 et non 1992, parfois ça n'a pas d'importance, lorsqu'il s'agit surtout d'une précision factuelle par exemple, mais cette fois ça ne collait pas, d'abord pour des raisons formelles (mes décisions sont généralement fondées sur des impressions formelles) et puis, pour rester dans la cadre d'une notation marginale, la contenu de la parenthèse aurait dû rester bref, alors que ce faux souvenir demandait plus, plus de volume et plus d'attention.

C'est ainsi que j'ai décidé, ce n'était qu'un essai, d'en faire un morceau distinct, en cohérence avec plusieurs choix précédents quant à l'avancée sur cette ligne "Retour des Indes". Et tout de suite avec ce choix particulier d'utiliser la seconde personne du singulier, pour mettre un écart et comme un écran, un reflet inversé quant au statut du "je" qui est censé parler (l'un des enjeux de cette série d'écriture est précisément de mettre à l'épreuve ce statut).

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