lundi 24 novembre 2025

dernières heures à l'hôtel Classic et voyage de retour (29 septembre)

Tant que j'en suis, quant à la saisie, au voyage aérien d'aller, il serait peut-être bon que je termine le journal du voyage (le voyage de retour).

Mardi 29 septembre. Pour l'essentiel je suis resté dans la chambre de l'hôtel, à regarder la télévision, à téléphoner à l'agence de Kiran et à m'occuper de mes bagages. Je ne suis sorti que trois ou quatre fois pour faire des courses sur Karol Bagh.

J'ai donné la plus grosse partie de ce que je laissais à différents garçons de l'hôtel, essentiellement au petit large à moustache qui m'avait monté ma valise et mes stick-&-umbrella du clockroom. Dans l'escalier, je lui ai donné le parapluie et j'ai compris alors que donner ce que je laissais était la meilleure chose à faire, je lui ai donné aussi mes enveloppes, mon shampoing à un autre garçon qui était venu me demander un bakchich le matin, il m'avait alors parlé de shampoing mais je n'avais pas alors compris ce qu'il voulait me dire. Et quant aux garçons qui ont descendu mes affaires au taxi, je leur ai dit qu'ils pourraient prendre tout ce que je laisse dans la chambre.

Le voyage s'est passé sans histoire. Le taxi était là à onze heures et demi, il m'a amené rapidement à l'aéroport. Je n'ai pas eu de mal avec mes bagages, tout de suite trouvé un chariot. A l'enregistrement des bagages, j'ai constaté 40 kilos de bagages en soute, l'employé de la Lufthansa a consulté ses listings et je n'ai rien payé. J'ai essayé de dépenser mes dernières roupies mais je n'ai rien trouvé à la boutique de l'aéroport que des cônes d'encens. J'ai donc changé les quelques centaines de roupies qui me restaient et j'ai franchi le passage de la douane. Au tax-free-shop j'ai cherché des Ray-Ban pour remplacer celles que j'avais données à Gopal mais je n'ai pas retrouvé le modèle, j'ai acheté une petite montre Citizen, pour remplacer l'espagnole.

Au passage de la sécurité, mon bâton, le bâton de bois rouge que j'avais acheté à Manali pour me garder des chiens que les chemins de Naggar, a posé problème deux fois le policier m'a demandé : "What is this ", comme s'il avait pu y avoir un doute, deux fois je lui ai répondu : "A stick!". Il m'a fait mettre de côté, je l'ai vu, tandis qu'il parlait avec un autre, agiter la bâton par le bout le plus mince comme une matraque (le bâton est en Inde la marque de l'autorité policière). On m'a pris ma boarding card en me disant qu'on me la rendrait au moment de l'embarquement.

Juste après moi, c'est un Indien (en réalité un Indo-canadien) à qui on a retiré sa carte d'embarquement en retenant des piles. Nous avons causé dans la grande salle d'attente. Il est de Chandigarh, parti avec ses parents pour l'Angleterre à l'âge de 6 ans. A présent il vit à Montréal, marié à une Italo-américaine, n'a plus de famille en Inde, n'a pas été élevé dans les traditions et ne se sent plus indien du tout, sinon qu'il a du mal à supporter le froid. Était très critique. Son mode de vie, tout moderne (il dirige une petite boîte de fabrication de pièces pour l'aviation, une partie des volets mobiles d'ailes et de queue, il voyage beaucoup, piloté des avions - il connaît Rimouski pour l'avoir survolé - et du trekking, projette un prochain voyage en Australie - il fait partie de ces gens dont la fortune leur fait rétrécir le monde, cependant son mode de transport favori en Inde reste le bus local), l'éloignait effectivement des Indiens, son image du monde, il restait cependant quelque chose d'indien dans sa manière de parler, et il avait gardé ou repris les modes d'expressions du visage, en particulier, quoiqu'il l'utilisât avec économie, le hochement de tête latéral.

Au moment de l'embarquement, on m'a rendu mon bâton.

Dans l'avion, j'étais placé très loin du Canadien. Je me suis trouvé assis à côté de quelqu'un qui était comme son symétrique : un Catalan qui lisait le Figaro, un air de paysan un peu égaré, kurta blanche et gilet à broderies rajasthanaises. Il est d'un village de la frontière, près de la Jonquera. Travaille aux douanes, ne connait pas un mot d'anglais. Il vient régulièrement en Inde, parce que sa petite amie travaille avec son père à l'ambassade d'Espagne à Delhi. Alors il vient souvent, par l'ambassade il a des tarifs intéressants sur les lignes aériennes. Il venait de passer trois semaines en Inde, avait fait un tour au Népal. Son amie, qui parle anglais et hindi, sert d'interprète et pour le reste il se débrouille avec les mains, ce qui semble-t-il est tout à fait satisfaisant. Visiblement il aime beaucoup l'Inde.

On nous a servi un repas. Du poulet très poivré. Le Catalan a expliqué qu'à l'aller on servait une cuisine différente aux Indiens et aux Occidentaux mais qu'au retour on servait à tous la même cuisine mixte. J'ai bu deux bières.

J'ai dormi ensuite, inconfortablement. J'avais eu froid dans la salle d'attente, au point de sortir mon gilet, et j'ai eu plus froid ensuite dans l'avion. Je me suis enveloppé comme j'ai pu dans la couverture Lufthansa et j'ai dormi. Je me suis réveillé au moment où le jour se levait (le trajet s'est fait au-dessus de la Russie, nous avons donc dû commencer par mettre le cap au nord, ce qui explique que dans les premières heures du voyage le jour a avancé normalement) sur une mer de nuages et j'avais mal à la gorge. Tout le voyage s'est fait ensuite au-dessus d'une mer de nuages. 

(10 octobre 1992)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Le baiser du soir dans "Monsieur Proust" de Céleste Albaret

Quand il était enfant, me racontait-il, il était la cause de scènes, parce que, principalement après le début de son asthme, il profitait de...