lundi 17 novembre 2025

journal (26 septembre), retour à Udaipur

Samedi 26 septembre '92

9:00 - J.N.

Pas trop bien dormi cette nuit : la bière, mal au foie. Je n'ai pourtant bu qu'un petit litre hier soir, je n'étais pas même allusivement saoul et j'aurais volontiers continué un bout.

Et puis il y a eu l'épisode comique du sac Fnac. Il est vrai que ce litre de bière est tombé sur un estomac à peu près vide. Outre le petit déjeuner, pas particulièrement copieux, j'ai mangé quoi? quelques pois chiches, quelques biscuits, pas la moitié d'un épi de maïs Je revois la tête du type qui avait engagé la conversation avec moi après Abu Road, sa figure en lame de couteau. Je l'avais déjà trouvé très drôle pendant qu'il causait avec mon voisin et d'ailleurs il faisait rire toute la rangée, la mimographie qui accompagnait ses histoires, cette façon de hocher la tête en écarquillant les yeux, son visage, rien que ça suffit à produire une gaieté communicative. Et cette façon de parler l'anglais en répétant les mots avec conviction, conversation toute ponctuée de vigoureuses approbations accompagnées des hochements de tête latéraux - il y a une variété approbative: stopper le mouvement oblique sur la position haute et prolonger un instant le suspens avec un regard éloquent. Sa façon de mettre des s à la fin de tous les mots : "populations is bads". Avons longuement parlé des épis de maïs, je leur ai donné la recette canadienne de l'épluchette de blé d'Inde.

Bon je n'ai pas trop le temps d'écrire ce matin.

14:15 - Mayur Café.

Ce matin avant douche etc., passé chez Vijay récupérer mes affaires. Il se réveillait, m'a offert le thé, je lui ai offert ma cravate (il s'est commandé un costume noir). J'ai entraperçu son père qui partait au travail à la banque près du Clocktower. Je suis retourné à l'hôtel prendre ma douche, etc., puis donné mon linge à laver et passé voir Mary. Elle venait de se réveiller, m'a montré les gravures dont elle me parlait hier soir. Technique intéressante mais pauvre sujet (faces). C'est assez cohérent avec ce que je pense de l'art moderne indien en général. Mais ça n'ira pas mal dans le Massachussetts peut-être. Ensuite passé à l'Art Center, Gopal. Je mui ai donné deux travellers. Nous avons causé, m'a raconté son histoire. Père riche, marchand d'épices, de blé, de fruits secs, etc., dans un village à 60 km de Jaipur, meurt tôt, dépenses pour sa maladie, l'argent fond, la mère est malade, nouvelles dépenses. La famille se retrouve très pauvre, cinq garçons et deux filles. Beaucoup de malchances. Frère aîné, trouve à s'employer comme chauffeur-contrôleur de bus à Udaipur. Un Sindhi shaivite emploie Gopal au moment où celui-ci se trouve complètement coincé, pendant trois mois free il travaille geatuitement, puis 100 roupies, 150, etc.. Il considère le Sindhi comme un maître. Le Sindhi meurt et Gopal se dispute avec ses fils (il n'est pas assez payé). Il les quitte pour travailler chez Soni. Très content. Il considère Soni à la manière dont il considérait le Sindhi.

Ensuite allé chez Guda. Retrouvé là Benji, Julian et Janie. Je prend livraison de mes chemises, commande deux gilets, achète cinq pyjamas (soie, soie et coton). Repasse à l'Art Center.

VINCENT

17:45 - Narula

Vincent ne s'est pas pointé. Je lui laisse un mot avant de partir:

Since I have a lot to do before leaving, and tomorrow is Sunday, I have to go now. :Please excuse me.
Anyway, Soni's Shop is open tomorrow and you can come and pick me up at Jagat Niwas before 9:00 AM.
Hope to see you tomorrow.

Michel
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