lundi 7 juillet 2025

Ponge, note du 6 juillet

 Il faudrait que je fasse un point pour boucler le dossier Ponge. Ce matin dans le demi sommeil, cherchant comment me dépatouiller avec mon histoire de pinède sarde, différents morceaux hétérogènes, etc. , j'ai repensé à la Fabrique du pré et je me suis dit que c'était tout de même gonflé d'avoir livré ça. Et que je devrais finir par ça, en même temps que je m'étais laissé absorber par les questions philosophiques, ontologiques, génétiques aussi, mais que le départ c'était ça : comment oser produire quoi?

2 commentaires:

  1. On peut s'intéresser de très près à des choses qui soient d’abord des apparences, c’est-à-dire sans leur supposer une réalité objective. (Et la science des astronomes, par exemple, fait-elle autrement?) Quand S. Freud s'intéresse aux rêves, ils ne supposent pas que ceux-ci raconteraient la réalité des faits, ni d’ailleurs que le sujet éveillé pourrait rendre compte de la réalité de leurs contenus. En psychanalyse, un rêve tient à ce qu'on peut en dire. Pour autant, cela ne signifie pas que la vérité soit absente de la problématique. Et il en va de même, me semble-t-il, pour les artistes. Eux aussi cherchent à dire la vérité (je pense à David Lynch), à ceci près que le mot de “vérité” est ambiguë. Dans tous les cas, il me semble qu’il s’agit toujours plutôt de l’objet d’une quête personnelle, mais qui, aussitôt que le résultat de cette quête est montré à d’autres, interroge la possibilité du partage. De l’accord. Si je me souviens bien, à propos du Panthéon des textes classiques, Francis Ponge parle d’une “opinion unanime et constante”, ce qui est beaucoup dire, l’œuvre de beaucoup d’artistes classiques n’ayant pas fait l’objet d’une opinion unanime et constante (je pense à Baudelaire, à Apollinaire, à Vivaldi tardivement ressuscité grâce en particulier à Ezra Pound). Mais bon, pour autant, la vérité des œuvres d’art comme celle des rêves, consisterait à la fois dans ce qu’on peut en dire et dans ce qui, en même temps, dépasse le pouvoir insuffisant des mots.

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  2. Le Réel n'est pas la "réalité objective" tout d'abord parce qu'il n'est pas un objet. Si les rêves ne sont pas de l'ordre de la réalité objective, cela ne signifie pas qu'ils n'appartiennent pas au Réel. Kant dit que la "chose en soi" est inconnaissable mais elle est pensable. Le Réel ne peut être l'objet d'une connaissance sinon par la médiation de ses manifestations. Jésus a dit, dit-on; "Je suis la voie, la vérité et la vie. Hallaj a dit: "Ana l'Haqq", ce qui lui a valu le martyre. Ceci dit, un peu dogmatiquement, tout ce que tu dis est au cœur de mon sujet, du moins du côté ontologique: comment le parti pris des choses est aussi le compte tenu des mots. https://en.wiktionary.org/wiki/%D8%AD%D9%82#Arabic

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