samedi 22 novembre 2025

journal (28 septembre), départ d'Udaipur, escale à Delhi

 (27 septembre)

Lundi 28.09.92

10:00, dans l'avion.

Je quitte Udaipur. J'avais commencé la journée so so, je l'ai terminée aussi bien que je pouvais l'espérer. Ce matin j'ai la gueule de bois: mon départ s'est fait un peu en catastrophe, je n'ai pas été réveillé à 7:00 comme je l'avais demandé mais par l'arrivée de mon taxi. J'ai rangé mes choses en dix minutes. Heureusement j'avais préparé le plus gros hier dans l'après-midi. Petite souci: la fermeture éclair du sac acheté samedi s'est disloquée. Je ne peux qu'espérer qu'elle tiendra au moins jusqu'à l'hôtel Classic. J'ai fait attendre le taxi, suis passé chez Vijay, bu une tasse de thé, sa mère, son frère et j'ai pu saluer son père qui sortait de la douche. J'ai changé 100 $ à l'hôtel, payé ma note, taxi, etc., j'ai un surplus de 8 kilos (sur les 30 kilos réglementaires) soit 85 roupies (si c'était le même tarif sur Lufthansa, pour mon trajet de retour, je serais tranquille: je peux calculer que j'aurais environ 50 kilos

Je n'ai pas une mauvaise place, je vais pouvoir jeter un dernier regard sur le Rajasthan.

A l'aller, pour mon arrivée, il faisait nuit, maintenant je peux voir la situation d'Udaipur parfaitement, comme sur une carte en relief. Udaipur est tout au bord des Aravalis. La route pour l'aéroport traverse une serre, une crête de colline, par une trouée-col et ensuite on est dans la plaine à perte de vue. D'Udaipur, même du Monsoon Palace, on a l'impression d'être au milieu des montagnes / collines (les anglos disent hill, ça colle mieux). So, since yesterday, I've been zooming out.

A présent, c'est la plaine, malheureusement une brume, une couche de brume recouvre les lointains: il faisait déjà très chaud lorsque j'ai pris le taxi (mais tous ces derniers jours, très graduellement chaque jour un peu plus chaud).

Hier, lorsque j'ai écrit la dernière note de la journée, j'avais besoin de me passer les nerfs. Nouvelle crise d'Indophobie (plus dirigée en l’occurrence, quoique sans exclusive, sur les étrangers que sur les Indiens). Comme d'habitude écrire m'a calmé et je suis allé voir du côté de la chambre 10.

(C'est immense, le Rajasthan. Du mal à s'en rendre compte.)

Je repense à la conversation d'hier soir avec Soni. C'est amusant comme nous avons fait dans l'urgence, Soni avec moi, moi avec Mary et Julian. Je vais essayer de me rappeler la lettre que j'ai jointe au briquet de Soni, lettre et briquet laissés tout à l'heure à Vijay.

(...)

Delhi, Hôtel Classic, tard

J'ai passé une bonne partie de la journée à regarder la télévision. Star TV essentiellement. J'avais lu un article sur cette chaîne dans l'avion. S. puis l'Inde, depuis des mois maintenant, les jours où j'ai regardé la télévision sont rares et ceux où j'ai beaucoup regardé la télévision se comptent sur les doigts d'une main. Et c'est un état de moi-même que je retrouve. Beaucoup de choses comme ça aujourd'hui: un état ancien, et ça a à voir avec le hachisch, c'est l'impression que j'ai. (...)

Je ne suis plus en Inde, la télévision américaine, des publicités japonaises, la télévision américaine (comment disait Wenders? Ces télévisions que les Japonais vendent au monde entier pour que le monde entier puisse regarder les images américaines).

(...)

Soni, au moment où nous marchions dans la rue, au sortir du restaurant Four seasons m'a demandé d'expliquer ça, ce qu'il m'avait dit, chez moi, en Occident. Et j'ai passé tout mon temps libre à regarder la télévision au lieu de noter ce qui me restait de notre conversation avant que le temps ne l'efface. Je suis venu ce matin avec une force, et cette force, je la gaspille.

Le hachisch, l'alcool. Vijay, Khan, Soni, Mary, Julian.

J'étais crevé ce matin. Je ne sais pas à quelle heure je me suis endormi hier soir.

Hier donc, dimanche (suite du journal):

Vers 14:00 Mary. Allons dîner au Mayur. Soni là. Puis Jagdish Temple. 5 roupies. Mary m'accompagne encore chez Guda. Là, elle est odieuse. Je récupère mes gilets et mes pyjamas. 15:30 ma promenade en chameau. (Juste avant passé à l'Art Center. Gopal). Le chamelier. Au retour je descends 5 minutes, avec l'intention de rentrer en ville à pied, puis je remonte sur le chameau. Et finalement j'apprécie. De toutes façons à Udaipur un Occidental est regardé partout où il passe, qu'il soit sur un chameau rend donc la chose naturelle. Au retour je trouve Soni devant le Mayur. L'Art Center est fermé...

Je dors. 

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1 commentaire:

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