dimanche 16 novembre 2025

un vieux musulman (25 septembre 1992)

Je me souviens de ce vieux musulman, dans le bus entre Abu Road et Pindwara, il était assis vers l'arrière, il portait une calotte blanche et une longue barbe, blanche, elle aussi. Je l'avais remarqué lorsqu'il était monté, à Abu Road. Pendant la conversation avec le Rajasthani jovial (à qui fait allusion mon journal du 26 septembre), je me suis demandé - il était assis au milieu de la rangée juste derrière nous - ce qu'il pouvait en penser. Nous étions assis une ou deux rangées derrière la chauffeur, mais à droite, contre le paysage; si autour de nous (devant ou de l'autre côté de l'allée centrale) plusieurs hommes s'intéressaient à notre entretien: un pour y participer activement, deux autres de façon plus intermittente et ici et là des auditeurs, lui y semblait tout à fait indifférent.

La route traversait toute droite un plateau aride entre deux chaînes de reliefs. Mon interlocuteur m'a désigné un temple blanc au sommet d'une butte isolée. Il m'a fait comprendre que c'était le sanctuaire de Mataji, que c'était important, qu'il y avait un pèlerinage. Lorsque le bus s'est arrêté à la hauteur de la butte, il est descendu, avec celui qui avait participé à notre conversation, tous deux m'ont salué avec effusion. Quelques autres sont descendus avec eux dont plusieurs m'ont salué d'un sourire. Le vieux musulman est descendu à l'arrêt suivant. Et comme je le regardais, il m'a souri et m'a adressé un signe de tête, à quoi j'ai répondu.

Il m'est difficile de dire ce que ce salut avait à la fois d'inopiné et de sensé.

(3 octobre 1992)

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